Mario Draghi et l'Allemagne

Les allemands, Wolfgang Schäuble en tête, ne cessent de critiquer Mario Draghi et la politique de la BCE, notamment pour les impacts négatifs qu'ils attribuent à sa politique de taux d'intérêt négatifs.

Pour le gouvernement allemand, cette politique décincite d'une part les pays européens à mener ces fameuses "nécessaires réformes structurelles" et d'autre part pousserait les allemands à voter pour le parti d'extrême droite Alternative für Deutschland anti-euro et anti-immigration, car ils se sentiraient léser par l'euro et la politique de la BCE.

Heureusement, Mario Draghi a eu le courage de leur rappeler que ce sont les excédents commerciaux allemands qui, en affaiblissant la demande partout ailleurs en Europe, sont la cause directe des taux d'intérêt bas et de la politique d'assouplissement de la BCE.

En effet, si l'Allemagne ne poursuivait pas cette politique mercantiliste qui consiste à accumuler toujours plus d'excédents sur le dos de ses partenaires commerciaux, et notamment si elle dépensait une partie de ces excédents, la demande serait plus forte en Europe, l'économie europénne s'en porterait mieux, et la BCE pourrait relever ses taux directeurs.

Comme le rappelle Wolfgang Münchau, journaliste économique Allemand, le seul véritable remède à l'heure actuelle aux taux d'intérêts négatifs, qui rendent l'etablishment allemand si nerveux, et aux déséquilibres au sein de la zone euro, serait que le gouvernement allemand dépense plus, notamment en augmentant ses dépenses d'investissement, et/ou en baissant ses impôts.

Toutefois, cela n'est malheureusement pas possible puisqu'une loi votée en 2013 en Allemagne interdit tout déficit budgétaire supérieur à 0,5% par an. De plus, l'électorat et la plupart des représentants politiques allemands rejetteraient une telle politique.

Par conséquent, pour Wolfgang Münchau, il ne fait pas espérer une correction des déséqulibres dans la zone euro tant que l'Allemagne en restera membre.

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