Vaincre le chômage (suite et fin)

Les billets précédents avaient pour objectif de montrer que, même en l’absence totale de coopération internationale ou européenne, il est possible en France de faire baisser significativement le chômage sans creuser d’un centime le déficit public ni augmenter les coûts de production des entreprises.

Avec les trois mesures avancées dans les précédents billets, il serait en effet possible de créer plus de deux millions d’emplois, accroitre le temps libre pour tous, construire de nombreux logements (qui contiendront l’augmentation futures des loyers) et mettre enfin notre économie sur les rails de la transition écologique.

Bien sûr, comme on dit, les idées se pervertissent toujours en se matérialisant, mais même en plaçant très bas la barre et en supposant que ces mesures n’aient que la moitié des effets escomptés, cela représenterait néanmoins déjà des progrès énormes dans la lutte contre le chômage, le mal-logement et pour la protection de la planète.

Les deux dernières mesures, utiliser le fonds de réserves des retraites et créer une monnaie nationale complémentaire, ne demandent pas une grosse logistique et pourraient être mises en place assez rapidement. La baisse du temps de travail contre une baisse des cotisations chômage payées par les entreprises pourraient quant à elle se mettre en place plus progressivement, sur plusieurs années, avec des incitations toujours plus fortes pour les entreprises à passer à la semaine de 4 jours.

D’autres mesures seraient nécessaires pour mettre nos économies définitivement sur la voie du plein-emploi et d’une société plus juste et plus sobre, mais cela nécessiterait cette fois une meilleure coopération internationale ou européenne. Il faudrait lutter contre les paradis fiscaux et l’évasion fiscale, permettre aux banques centrales de financer directement l’économie lorsque cela est nécessaire (via le financement d’investissements à l’échelle européenne ou la pratique de quantitative easing for people dont nous reparlerons), réguler beaucoup plus fortement la finance et lutter avec vigueur contre les inégalités à la fois à l’échelle nationale et internationale.

Mais si déjà ces quelques mesures portaient leurs fruits, cela montrerait à nos voisins que d’autres politiques sont possibles, et aiderait à créer un front entre pays européens pour demander des changements significatifs dans les institutions et politiques européennes.

Retour à l'accueil