Vaincre le chômage (2)

Le fonds de réserve des retraites a été créé en 2001.

Il reçoit de l’argent de l’État français qu’il place sur les marchés financiers avec pour objectif d’obtenir des rentrées d’argent régulières dans le futur qui permettront de financer nos retraites. Il est actuellement doté de plus de 37 milliards d’euros.

Son objectif est louable, assurer un financement pérenne pour nos retraites, mais la manière beaucoup moins convaincante.

Lorsqu’on regarde la composition du portefeuille de ce fonds (disponible sur leur site), on s’aperçoit qu’il détient logiquement des actions ou obligations dans de nombreux grands groupes mondiaux. Il possède ainsi des titres émis par Boeing, Bouygues, BMW, Coca-Cola, Dassault Systèmes, Domino Pizza, Exxon Mobil, Total Fina, Unilever, Vivendi, Monsanto, Walmart, ainsi qu’une myriade d’autres groupes internationaux et banques à travers le monde.

Sans même parler de l’éthique des groupes concernés, on peut quand même se demander si l’État n’avait pas mieux à faire ces 15 dernières années que d’aller filer plus de 30 milliards d’euros à un fonds qui place son argent sur les marchés financiers !

Car quel est l’impact d’une telle politique ? Vous jetez plein de cash sur des marchés financiers qui n’en manquent absolument pas. Vous rendez alors juste un peu plus riches les investisseurs à qui vous rachetez ces titres financiers et vous faites un peu augmenter le prix des actions des boites dont vous possédez les titres.

En clair, l’impact social est absolument nul ! Vous engraissez juste un peu plus la partie de notre société qui en a le moins besoin.

Certes, mais on pourrait répondre que cela nous rapportera malgré tout des dividendes qui nous aideront à financer nos retraites plus tard.

Alors déjà on espère premièrement que les marchés financiers ne vont pas finir un jour par vraiment s’effondrer, et on se dit deuxièmement que si on compte sur la bonne santé des actions de Walmart et Monsanto pour financer nos retraites futures, c’est qu’on est vraiment tombé bien bas !

Mais admettons. Le plus ennuyeux dans cette histoire n’est même pas là.

Il existe un placement qui rapporte sur le long terme tout autant que les marchés financiers, mais qui est bien plus sûr : l’immobilier.

Et vous savez quoi ça tombe bien, en France on manque cruellement de logements !

Alors pourquoi ne pas ressortir cet argent placé sur les marchés financiers pour mettre en place une vraie politique active de construction de logements en France ? Non seulement cela rapporterait tout autant de sous à l’État, grâce aux loyers perçus sur ces logements, mais en plus cet argent servirait enfin à quelque chose puisqu’il permettait de bâtir des lieux d'habitation dont nous manquons cruellement et d’employer des centaines de milliers de personnes pour les construire dans un secteur, ça tombe bien là aussi, en plein marasme depuis la crise !

Et enfin, ce n’est pas tout, en augmentant le nombre de logements disponibles vous freinez l’augmentation des loyers - qui s'explique en grande partie par la pénurie de logements - et donc redonnez du pouvoir d’achat à tous les ménages locataires de leur logement.

Cette proposition qui consiste à prendre l’argent placé par l’État sur les marchés financiers pour l'injecter dans l’économie réelle et faire des choses utiles avec plutôt qu'inutiles, et qui rapportent tout autant, a été proposée par le collectif Roosevelt et reprise par le parti politique Nouvelle Donne. Une telle politique a été mise en place aux Pays-Bas et a donné de très bons résultats.

Vous trouverez plus d’informations dessus sur le site du collectif Roosevelt et sur cette vidéo réalisée par Nouvelle Donne.

Voilà donc pour cette deuxième proposition de bon sens pour lutter contre le chômage, qui améliore notre quotidien sans même creuser le déficit public.

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