Quand la bio inspire l'éco

Les disciplines scientifiques s’influencent les unes les autres. Des découvertes effectuées dans une discipline sont ainsi parfois reprises dans d’autres, sur des sujets pourtant très éloignés du sujet initial.

Un exemple célèbre est la théorie des jeux. Cette théorie fut tout d’abord beaucoup utilisée en économie avant d’être ensuite reprise par les biologistes.

Dans le sens inverse, on peut citer une découverte effectuée par les biologistes sur les écosystèmes et qui intéresse de plus en plus certains économistes.

Cette découverte est la suivante : les biologistes ont longtemps cru que plus un écosystème était dense, fait de nombreuses interactions entre les différents êtres vivants qui le composent, et plus il était stable.

Quand la bio inspire l'éco

Or ils se sont peu à peu aperçus qu’en réalité des écosystèmes très complexes étaient souvent bien plus fragiles que des écosystèmes simples.

La complexité n’est donc pas toujours mère de la stabilité, loin de là !

Quand la bio inspire l'éco

En économie, la plupart des chercheurs en économie continuent de penser que plus un système financier est complexe et ses différents acteurs interconnectés, et plus il sera stable. C’est l’un des arguments qui les incitent à ne pas remettre en cause fondamentalement l’architecture actuelle des marchés financiers, ni leur interconnexion croissante.

Quelques économistes ont pourtant montré qu’il pourrait être intéressant de s’inspirer de ses découvertes en biologie et de chercher à construire des systèmes financiers plus simples et moins interconnectés, afin de les rendre plus stables.

Cette idée rejoint le point de vue développé par Stephany Griffith-Jones lors d’une conférence à laquelle j’avais eu l'occasion d’assister en décembre.

Elle y disait notamment que pour que la régulation des marchés financiers soit efficace, elle doit s'appuyer sur des règles simples.

Mais que pour qu’une règlementation simple puisse fonctionner, il faut que le système que l'on souhaite réguler le soit aussi.

Elle appelait donc à une simplification de la structure des marchés financiers comme condition nécessaire à la mise en place d'une régulation financière véritablement efficace.

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