Deux façons d’agir face un incendie

On peut imaginer deux manières d’empêcher un incendie de se propager à l’ensemble d’un bâtiment.

La première consiste à installer de grosses portes coupe-feux entre les différents secteurs du bâtiment, de manière à ce que si l’incendie se déclare quelque part, il reste cantonné entre deux de ces portes et ne puisse pas s'étendre à l’ensemble du bâtiment.

Le processus a le mérite d’être efficace, mais il oblige toutefois à pousser ces grosses et lourdes portes lorsqu’on veut passer d’un endroit à l’autre du bâtiment.

Il est utilisé dans la quasi-totalité de nos constructions et toute installation impliquant un risque important pour notre sécurité. On compartimente le risque pour mieux le gérer.

La deuxième méthode consiste au contraire à ouvrir le plus grand possible les portes à l’intérieur du bâtiment et à favoriser au maximum les courants d’air entre chaque secteur. L'idée est que si un incendie se déclare quelque part, alors il se diffusera en de multiples petits incendies à travers le bâtiment qui, trop peu puissants, s’éteindront d’eux-mêmes.

Vous aurez donc certes de petites tâches de brûlé sur la moquette dans plusieurs salles du bâtiment, mais rien de bien grave.

C’est la méthode qui a été utilisée en finance jusqu’à présent. Dès qu’un incendie survient quelque part, on espère qu'il va se diffuser en de multiples incendies moins puissants, qui finiront alors par s’éteindre tout seuls sans avoir causé de gros dégâts.

L’avantage de cette méthode est qu’on n’a pas à pousser ces grosses portes coupe-feux lorsqu’on traverse le bâtiment. L’inconvénient en revanche est que si l’incendie initial est suffisamment important, alors sa diffusion va donner lieu à de multiples incendies dans tout le bâtiment qui seront suffisamment importants pour ne pas s’éteindre tout seuls.

Et c’est alors l’ensemble du bâtiment qui brûle !

Aujourd’hui, une majorité d’économistes pensent qu’on pourrait éviter de futurs incendies généralisés dans le système financier en gardant les portes grandes ouvertes, mais en remplaçant les moquettes actuelles par des moquettes moins inflammables.

D’autres se disent au contraire que des moquettes moins inflammables ne suffiront pas à prévenir le prochain grand incendie et qu’on ferait mieux de réinstaller quelques portes coupe-feux dans le bâtiment.

Dans la mesure où les premiers étaient déjà ceux qui nous disaient il y a dix ans qu’ouvrir grand les portes du bâtiment était la meilleure manière d’éviter un incendie généralisé, je serais plus enclin à écouter les seconds !

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